The paper shows how redundancies were resisted by Hi-Tech workers in a large German company. It details an employee network's emergence to provide support to individuals and to pursue legal cases against the company, and analyzes the network's norms and operation. The network operated in complementary
RESUME
La formation d'un reseau et un regain du syndicalisme en Allemagne : le cas du Siemenskonflikt
Cet essai analyse la formation d'un reseau chez les salaries de l'usine Siemens Hofmannstrasse de Munich, Allemagne. Il s'agit d'un des cas de reseaux qui ont fait recemment leur apparition en Allemagne et qui presentent un developpement remarquable tres peu analyse de l'autoorganisation des travailleurs. Lorsqu'est survenue l'annonce de mises a pied chez les cols blancs hautement specialises de l'usine, un reseau de salaries s'est forme pour fonctionner au sein d'une synergie creatrice et chargee de tensions entre le comite d'entreprise (Betriebsrat) et le syndicat IG Metall (IGM). Sans etre une alternative a ces institutions, le reseau representait a la fois un ajout et une faction critique a l'interieur de celles-ci. Il s'est avere une force puissante en aidant a resister aux mises a pied et il s'est allie par la suite a d'autres reseaux d'employes, posant de serieuses questions au syndicat : s'agissait-il d'une occasion ou d'une menace pour lui ? Cette etude s'interesse alors a ce qui est, d'une maniere paradoxale, un secteur neglige de l'etude du regain du syndicalisme, c'est-a-dire l'auto-organisation des travailleurs et la relation que le syndicat entretient avec elle. L'etude s'inscrit dans le contexte allemand, supposement le coeur du << modele europeen >> de la representation des travailleurs. S'il devait se renouveler ainsi, l'impact sur un plan international plus large pourrait etre important.
Notre premiere hypothese s'enoncait de la maniere suivante : << en mettant l'accent sur d'autres approches que les approches collectives, on peut faciliter la mobilisation >>. Cette hypothese est fortement appuyee. Le comite d'entreprise et le syndicat ont tous deux reconnu la contribution significative du reseau a la mobilisation. Ce dernier donnait aux employes un acces a une activite concertee. Il contribuait a donner un caractere collectif a l'enjeu des excedents de main-d'oeuvre. En prenant en charge les emotions et les interets comme points de depart, il a cree un espace de discussion qu'aucune autre institution ne pouvait offrir. En permettant l'expression des emotions, le reseau a facilite chez les salaries la volonte de defendre activement leurs emplois. En second lieu, le reseau a encourage les salaries a poser des gestes d'eclat, parce qu'il relevait le niveau d'association entre eux. Tous les repondants etaient d'accord pour soutenir qu'il s'agissait la d'une condition sine qua non de la presence du conflit chez Siemens.